L’évolution du statut de la femme dans la société marocaine

L’évolution du statut de la femme dans la société marocaine

La question de la place de la femme a toujours constituée, de manière générale, une épine dans le pied des sociétés traditionalistes et culturelles du Royaume surtout qu’elles étaient « persécutées » par les revendications féministes sur l’égalité et la citoyenneté de la femme. De plus, le débat tenait souvent aux interprétations et perceptions faites du Coran lorsque les revendications avaient trait de près ou de loin à la religion.

Dans le cadre d’une étude sur le regard que la société marocaine porte sur l’évolution du statut de la femme, le Haut commissaire au plan a mis en exergue la disparité d’opinion du peuple quant à cette question.
S’il est vrai que dans la globalité hommes et femmes s’accordent à dire que les femmes ont droit à l’instruction, au travail et à des postes à responsabilités, ils le font avec certaines nuances car l’enquête aborde également le nouveau code de la famille et la liberté vestimentaire de la femme.
En effet, la société marocaine étant en pleine évolution, le regard traditionaliste porté sur le sexe faible est confronté aux réalités d’une société moderne, d’après le Haut commissaire au plan. Cette assertion est soutenue par les chiffres obtenus lors de l’étude : 61% de la population jugent en augmentation le nombre de femmes qui ont un emploi, et 83% estiment que le nombre d’instruites dans le beau sexe a également fait un bon. D’autre part, 77% soulignent que le nombre de femme dans les espaces publics est plus important ces dernières années.

Pourtant, il demeure des irréductibles, 24%, qui considère que la place de la femme est dans le foyer 18% d’entre eux invoque la saturation du marché de l’emploi et la concurrence que celles-ci feraient aux hommes. Concernant les deux autres points de l’étude, si l’unanimité n’est pas acquise à la promulgation du nouveau code de la famille, 49% de la population lui sont favorable, et juste 22% pour la liberté vestimentaire en dehors de leur maison. Et chose plutôt étonnante, ce sont les populations rurales qui semblent le plus enclines à cette évolution avec 51% contre 47% en ce qui concerne le nouveau code. Et il en va de même en ce qui concerne la disposition relative à la dispense de tuteur avec 27% contre 21%.

Mais si 88% des hommes ne conçoivent pas que les femmes s’habillent comme il leur chante, 67% de celles-ci « tirent dans les pattes » de leurs congénères, et cela dans toutes, sinon presque toutes les couches sociales.
L’on remarque donc que 5 ans après son entrée en vigueur, une bonne partie, sinon la moitié de la population marocaine n’est pas totalement convaincue du bien fondé de cette réforme. Pourtant, vu sous un autre angle, on peut estimer que la moitié de la population la trouve de bon augure pour l’avenir du Royaume. D’autre part, l’on pourrait estimer que ces « traditionalistes », qui estiment que le nouveau code donne trop de droits aux femmes, ne sont que le reflet d’une certaine difficulté de son applicabilité. En effet, il ne servirait pas à grand-chose de bénéficier de droits dont on ne pourrait jouir. Il faut donc, qu’en sus de ces « belles promesses » d’égalité, des mesures d’accompagnement soient mises en place au risque de voir les réformes devenir élitiste, et ne toucher qu’une frange de la population féminine. D’autre part, si ces hommes s’offusquent des nouveaux avantages que peuvent avoir les femmes en public, il n’en demeure pas moins qu’en privé, certains pratiquent la « politique de l’autruche » puisque leurs pratiques et celles de leurs proches (femmes, sœurs, ou filles) ce sont peu à peu accoutumées aux changements fondamentaux qui se sont opérés dans la démographie et l’économie durant les décennies passées, et aux exigences de la vie moderne et de la mondialisation.

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