Un café au soleil ….What else ?

Un café au soleil ….What else ?

Au Maroc, on dit qu’entre deux cafés se trouve un ….café . Ces établissements poussent comme des champignons et vous en avez pour tous les goûts.

Le café du coin et ses habitués : la clientèle est essentiellement masculine et s’étale presque sur tout le trottoir pour accueillir les nouvelles toute fraiches du quartier, de la ville et même du monde. Ses terrasses ne sont désertées que lors d’un match de football diffusé à la TV dans la salle intérieure!

Le café traditionnel et animé, fréquenté aussi par des touristes qui occupent des jolies terrasses ensoleillées entretenues par quelques plantes en pots et où vous pouvez déguster votre noir malgré le bruit des voitures.

Le café paisible ou vous buvez tranquillement votre tasse sur une jolie terrasse ou un petit jardin interne ou même suspendu tout en admirant le paysage.

Tous ces lieux sont une invitation pour déguster votre café ! Cette infusion, aux vertus stimulantes, obtenue à partir de graines ou de fèves du caféier qui sont torréfiées et broyées, est connue depuis des siècles. Le café a su voyager dans le temps et s’adapter aux différents goûts dans le monde. Qu’il soit turc, liégeois, américain, express ou autre, une explication autour d’un bon café s’impose !

Sur les traces du café
Le café, « kawah » en arabe classique, nom qui tire son origine d’après certains de la région où la plante poussait naturellement « kaffa » en Ethiopie. D’autres précisent néanmoins que c’est plutôt au Yémen, d’après une histoire amusante qui raconte que vers le 8ième siècle, un jeune berger gardait ses chèvres sur les hauts plateaux du Yémen. Un jour, il fut intrigué par l’étrange comportement de son troupeau. Ses bêtes, qui avaient brouté les baies rouges d’un arbuste sautaient et gambadaient de façon étrange. Elles étaient excitées au point qu’elles dansèrent ainsi jusqu’à l’aube. Il se rendit au couvent voisin et raconta ce phénomène au prieur. Celui-ci eut l’idée de faire bouillir les noyaux de ces fruits pour confectionner un breuvage. La boisson donna une ardeur particulière à ceux qui en burent. On la nomma  » kawah « , c’est-à-dire force, élan, vitalité. A partir de ce jour, les moines, qui prirent l’habitude d’en consommer, ne furent plus la proie de la somnolence lors des longues prières nocturnes du monastère

L’invasion caféinée
L’introduction du café dans le monde est étroitement liée à l’Histoire naturellement. En 1690, un commando de marins hollandaises débarqua aux côtes de Moka, en Yémen et réussit à s’emparer de quelques plantes, le café se diffusa vivement partout dans le monde. La première ville européenne à accueillir le café en provenance du Caire est Venise en 1615, En 1664, c’est au tour de Marseille qui voit débarquer un navire d’Alexandrie avec une cargaison de café. Ensuite, le Brésil en 1721, Hawaii en 1825, le Kenya en 1878, le Vietnam en 1887 et l’Australie en 1896. Au Maroc, l’apparition du café se fait apparemment vers l773 mais les marocains restent de grands amateurs de thé à cette époque. Ce n’est que récemment vers les années 80 que les importations de café au Maroc ont fortement augmenté et que les habitudes ont un peu basculé comme le précise une enquête de la FAO. Dans un pays où le thé reste encore la boisson servie en guise de bienvenue témoignant d’un accueil chaleureux typiquement marocain, le café a su apprivoiser néanmoins le goût d’une grande partie de marocains.

Le goût du café …ça se cultive !
On distingue deux variétés principales de café l’arabica et le robusta. L’arabica est cultivé en Amérique du Sud et au Moyen Orient. Il pousse en altitude entre 600 et 2000 mètres sur des terres plus riches en acides, éléments essentiels des futurs arômes. Il compte quelque 200 variétés. Découvert plus récemment à la fin du 19ième dans le bassin du Congo, actuel Zaïre. Le robusta quant à lui, est plus résistant, d’où le nom. Il pousse à l’état sauvage dans presque toutes les forêts de la zone tropicale africaine. Il compte plus de 50 variétés et seules 5 d’entre elles sont comestibles. Le robusta contient deux fois plus de caféine que l’arabica. En matière de goût, l’arabica est doux et fin alors que le robusta est amer et corsé. Pour les gouteurs de café comme on les appelle, ils utilisent un système méticuleusement étudié pour estimer le gout de ce breuvage, dans un premier temps ils examinent les grains crus, après torréfaction ils apprécient les arômes, une fois moulu et mélangé à une quantité précise d’eau ils observent le mélange et après une attente de trois minutes ils notent si une mousse s’est formée et ensuite ils dégustent enfin la fabuleuse boisson.

Le goût de la culture ….ça se sème!
Si au Maroc les cafés sont souvent des lieux où le papotage, le bruit et l’ambiance amicale font bon ménage, on remarque cependant, que des cafés à vocation culturelle, certes beaucoup moins nombreux voient le jour, comme le café théâtre de Rabat et le café bibliothèque de Marrakech… où cette fois le café et le savoir font bon ménage.

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